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Mirador de San Nicolás
Le haut-lieu de la ville pour voir l'Alhambra est sans aucun doute le Mirador de San Nicolás.
Le Mirador jouit de la plus belle vue du palais qui lui fait face sur l'autre rive du Darro. Et dans la lumière du soleil couchant, les tours prennent une couleur cuivrée qui nous rappelle que la traduction la plus couramment acceptée du nom du palais, calat al-hamra, est "château rouge".
Mais les historiens croient que, en fait, le nom Alhambra signifie que al-Hamar (le Sultan fondateur) construit le calat, ou château. Il ne faut pas oublier que comme tous les bâtiments arabes, il était blanchi à la chaux!
Le Mirador, vu au matin...
...et d'en bas.
L'Alhambra, vue de loin

La tour qui se trouve sur la gauche est pratiquement tout ce qui reste du palais qu'on appelle El Partal. À côté, la tour au toit pointu est le Peinador de la Reina, et fut construite par les Chrétiens comme résidence provisoire pour la femme de Charles Quint. La tour crenelée qui la suit est la Tour de Comares, qui nous cache la Cour des Lions. La fléche qui pointe immédiatement au-dessus est le clocher de Santa María de la Alhambra. Le grand bâtiment dans le fond est le Palais de Charles Quint; le Mexuar, la salle de réception de l'Alhambra, se trouve devant celui-ci. Les grandes tours à la droite de la citadelle appartiennent à la forteresse militaire, qui est dominée par le donjon au drapeau, la Torre de la Vela. Plus bas sur la droite, on aperçoit les solitaires Torres Bermejas (Tours Vermeilles) à demi cachées par les arbres.
Immédiatement en bas de notre point de vue, au pied de l'Albaicin, on voit le clocher de l'église de San Pedro, qui s'élève sur le site d'une mosquée qui autrefois surplombait le Darro. L'espèce de grande plaie que l'on voit à cet endroit dans la falaise a été créé par l'homme: en 1590, une poudrière située dans la gorge a sauté, causant de grands domages à l'Alhambra.
Le Generalife - en médaillon à gauche - était un chalet de chasse, et une rétraite à la manière du Trianon de Versailles, où le Sultan pouvait fuir l'agitation du palais - en compagnie de ses favorites, naturellement.
L'église de San Nicolás, comme d'autres temples du quartier, fut incendié pendant la Guerre Civile, lorsque les habitants, qui appuyaient la cause Républicaine, se sont elévés contre le pouvoir établi, composé de l'armée, des grands tenanciers et du clergé.
L'église a été restaurée depuis, mais on ne s'en sert que pour les mariages, et ceci parce que tous les fiancés veulent être photographié devant l'Alhambra. La fontaine de la mosquée, reconstruite au XVIIIème siècle, se trouve à côté de l'église, nous rappelant sa fonction originale.
A quelques pas du Mirador se trouve la nouvelle mosquée, La Mezquita Mayor de Granada, qui ouvrit ses portes, aux croyants et aux non-croyants aussi, en juillet 2003. Tous peuvent librement entrer au jardin et à la réception, et voir célébrer le rite musulman à travers la grande porte de la salle des orations.
On a longtemps cru que le nom Albaicin voulait dire, en arabe, "quartier des fauconniers". Mais les historiens actuels préférent une autre explication, plus logique. Après la conquête par les Chrétiens de la ville maure de Baeza dans le nord de l'Andalousie, au XIIIème siècle, les habitants s'enfuirent vers le sud, s'installant en dehors des murailles de la forteresse. Ils ont donné à ce nouveau faubourg le nom de leur ville d'origine, al-bayazzin, "lieu des gens de Baeza". Bien de siécles plus tard, le reste de la colline - donc, la vieille forteresse, connue par son nom arabe "Alcazaba Kadima" - finit par prendre, lui aussi, le nom de "Albaicin".
L'Albaicin sous les Maures était un labyrinthe de ruelles, et les Chrétiens qui ont découvert la ville après la conquête furent étonnés de constater combien les maisons des Maures étaient petites, par rapport à celles de Castille. Comme de nombreux Maures ont quitté la ville à ce moment, les nouveaux maîtres pouvaient s'approprier de ces maisonettes afin d'utiliser l'espace pour y construire des petits palais. Les ouvriers étant eux-mêmes des "moriscos" (des Maures christianisés), il était donc facile de faire construire des demeures au style mauresque, avec un jardin où des orangers entouraient une fontaine murmurante...
Ce nouveau modèle de maison, typiquement grenadin, fut appelée par les moriscos un karm, mot arabe pour vigne, soit jardin. Plus tard, ce mot, dû à sa ressemblance avec le nom feminin si populaire, fut hispanisé comme carmen. Ainsi l'Albaicin devint célèbre pour la beauté de ses "villas dans la ville", comme celle de la photo, dont les propriétaires jouissent d'une vue spectaculaire sur l'Alhambra.
Chaque maison traditionnelle de l'Albaicin a son mirador, une tourette où l'on peut se rafraîchir et et admirer le point de vue.
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