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Porte de Grenades, Porte de la Justice, Porte du Vin

La Puerta de las Granadas, Puerta de la Justicia et la Puerta del Vino sont les portes du palais qui sont les plus utilisées de nos jours, puisque la Puerta de las Armas et la Puerta de los Siete Suelos ont été scellées depuis des siècles. La Puerta de los Carros, utilisée de nos jours pour la circulation automobile et par les clients du Parador de San Francisco, est l'oeuvre des architectes du Palais de Charles Quint, qui l'ont ouverte pour le transport des matériaux de construction - d'où son nom, la Porte des Charrettes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Porte des Grenades - Puerta de las Granadas - fut construite par les Chrétiens au XVIème siècle afin de commémorer la visite de l'Empereur Charles V, et pour cela est aussi connue comme la Puerta de Carlos Quinto. Elle se trouve au pied du bois de l'Alhambra, et au bout d'une rue qui monte de la ville, la Cuesta de Gomerez, que les Chrétiens ont préférée à l'ancienne entrée utilisée par les Maures, et qui se trouvait, elle, au pied de l'Alcazaba. Cette porte est connue pour les gigantesques grenades taillées dans la pierre qui ont été posées sur son linteau. La grenade - granada - est devenue le symbole de la ville à cause de la similitude de ce mot espagnol avec un des noms préhistoriques de Grenade, Granata.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques pas plus haut nous découvrons l'énorme Porte de la Justice - la plus grande porte du palais - qui nous fait déboucher sur le seul espace plat de la citadelle, celui que les Chrétiens ont choisi comme site du Palais de Charles Quint. On a longtemps cru que le nom arabe de cette porte se référait à la loi ou justice islamique, la charia, mais il est maintenant établi que la véritable traduction est Porte de l'Esplanade, ce qui, compte tenu de sa position, est assez logique. Ses voûtes sont décorées de la Main de Fatima, la fille de Mohammed, de la clé du paradis islamique, ainsi que d'une Vierge et Enfant, mis en place par les Rois Catholiques afin de consacrer la porte à la foi chrétienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Puerta de las Armas - "Porte des Armes" - était l'entrée principale de la forteresse au temps des Maures. Un chevalier pouvait descendre au galop de l'Albaicin, sur la rampe qui couronnait la muraille joignant les deux collines, traverser le Pont du Cadí et monter vers cette porte, qui conduit à la cour centrale de la forteresse. Depuis l'effondrement du pont au XVIIème siècle, la porte est restée fermée.

 

 

La Puerta del Vino - "Porte du Vin" - qui se trouve près du Palais de Charles Quint, sur l'esplanade, faisait autrefois partie d'une muraille intérieure qui séparait les palais des nobles de la medina avoisinante, et devait être fermée tous les soirs après le coucher du soleil. Ceci explique pourquoi son passage n'a pas la forme de coude caractéristique et, aussi, pourquoi elle est si richement décorée, avec des motifs géométriques, qui ont depuis perdu leurs belles couleurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette très jolie porte a été représentée, surtout au XIXème siècle, par de nombreux aquarellistes britaniques et français. Claude Debussy s'en est inspiré pour composer une charmante pièce de piano empreinte de "sabor español", intitulée La Puerta del Vino, bien que l'auteur n'aie jamais mis les pieds au sud des Pyrénées. Une fois de plus, le nom est une traduction erronée des Chrétiens qui prirent la ville au XVIème siècle, et dont la connaissance de l'arabe était surtout verbale et limitée à la lingua franca du commerce et des traités de paix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il aurait été impensable pour les Maures grenadins d'associer un de leurs édifices avec une boisson alcoolisée, même si les frères maghrebins les accusaient de succomber à la tentation d'en consommer. Tout comme le nom du château lui-même, Puerta del Vino doit sans doute signifier "Porte d'Alhamar", pour le Sultan qui fonda la dynastie Nasride.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceux qui aspirent à une connaissance plus intime de l'histoire de la ville doivent, à un autre moment, emprunter le chemin principal qui monte par le bois en ligne droite. Sur la gauche, oubliée entre les feuilles et la mousse, se trouve l' Arco de las Orejas, la porte maure qui autrefois s'élevait devant la Plaza Bibarrambla au centre-ville, et que l'on connait surtout par une gravure faite au XIXème siècle, lorsqu'elle fut devenue une monticule de mansardes et de boutiques d'artisans...

 

 

 

 

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